#15 Changement de cap : les étapes indispensables pour réussir enfin
Aujourd’hui nous allons parler de comment réussir un changement de cap, sur le long terme. Je suis particulièrement intéressée par ce sujet parce que je suis en plein dans un changement profond de ma vie.
Alors que ce soit pour un déménagement voire une expatriation, pour la création d’une entreprise après une carrière dans le salariat, pour un changement de secteur de métier avec un retour sur les bancs l’école ou pour apprendre de nouvelles compétences, ou encore pour faire un voyage particulier, cet épisode va t’intéresser.
Depuis le début de ma quarantaine, je me pose un tas de questions. Je m’interroge sur la forme que j’ai déjà donnée à ma vie. Est-ce que ce qui m’a amené à ma vie actuelle est le résultat de choix que j’ai réellement faits ?
Ou bien est-elle le résultat de l’accumulation, de tout un tas de petits compromis ou de petits renoncements, comme me disait mon invitée Véronique Mokski dans l’épisode #13 du podcast.
J’ai réalisé un outil qui te permet justement de savoir où tu en es dans ta vie actuellement et qui tu n’as pas encore osé être. Cet outil est gratuit et en ligne sur florencealfano.com/roue . Car nous sommes nombreux, arrivés à 40 ou 50 ans, à remettre en question notre vie.
Qu’est-ce que la crise de la quarantaine ?
Le concept de la “crise de la quarantaine” a été donné par le médecin et psychosociologue canadien Elliott Jaques en 1965.
La crise de la quarantaine est un phénomène psychologique fréquent mais sa manifestation dépend de facteurs liés au contexte de l’individu. Elle ne doit pas être considérée comme un aspect inévitable du développement à l’âge adulte.
Cette crise est déclenchée par divers facteurs comme les changements relationnels, un décès de proches ou une baisse de satisfaction professionnelle.
Elle se manifeste différemment chez les hommes et chez les femmes. Les femmes sont affectées physiquement par les effets de la ménopause.
L’intensité de cette crise est très variable selon les personnes. Certains la traversent avec sérénité et stabilité. C’est pour eux l’occasion d’une croissance positive ou d’une transition progressive. Pour d’autres, elle est plutôt vécue comme une crise aiguë avec de nombreux bouleversements.
Elle se caractérise généralement par une période de doute et d’introspection.
Les personnes arrivant à la quarantaine commencent à être confrontées à leur propre vieillissement et à leur mortalité inévitable. Elles se rendent alors compte qu’elles n’ont pas encore réalisé tout ce qu’elles auraient voulu dans leur vie.
Le coût de l’inaction
Je veux te faire prendre conscience et mettre en lumière que :
peu importe le niveau de la crise que nous traversons à 40 ou 50 ans,
si nous sentons que nous avons des projets laissés de côté,
nous nous devons de les réaliser.
Car l’inaction a un coût qui est celui des regrets.
Je parle souvent de Bronnie Ware infirmière en soins palliatifs australienne, qui a écrit un livre sur les 5 regrets des personnes en fin de vie. Les 2 que je retiens parmi les 5 sont :
- « J’aurais aimé avoir eu le courage de vivre la vie que je voulais vraiment, fidèle à moi-même, pas celle que les autres attendaient de moi. » et
- « J’aurais aimé m’être donné la permission d’être davantage heureux. »
Généralement, nous avons tendance à regretter davantage certaines de nos actions plutôt que nos inactions. Mais ce phénomène “d’effet d’action” ne concerne que le court terme.
En effet, en 1994, des études scientifiques de Gilovich et Medvec suggèrent que cet effet classique est modulé par la distance temporelle.
Lorsque nous prenons du recul sur notre vie et l’observons sur le long terme, nous avons finalement tendance à éprouver un regret plus marqué pour les choses que nous n’avons pas faites que pour celles que nous avons faites.
Maintenant que tu as conscience de tous ces phénomènes, rentrons dans le vif du sujet et explorons comment gérer ces changements de cap en milieu de vie.
Comment décider de l’orientation à donner à sa vie :
Bilan
Personnellement, j’ai commencé par faire un cliché de ma vie à l’instant T. Grâce à un outil ancestral de la tradition bouddhique, je me suis posée et j’ai fait un bilan sphère par sphère de tous les domaines de ma vie.
J’ai évalué de 1 à 10 mon état de santé, de mon corps et de ma vitalité ; mon état de santé émotionnelle, ce qui se passe à l’intérieur de moi ; mon rapport aux autres, mes relations sociales, amoureuses, familiales, et d’autres thèmes encore.
D’ailleurs, j’ai créé l’outil que j’aurais aimé avoir au moment de mon bilan de la quarantaine. Il est en ligne, gratuit et interactif. Tu le trouves en te connectant à la page de mon site florencealfano.com/roue.
Si toi aussi tu veux reprendre ta vie en main et décider comment tu orientes les prochaines décennies, alors cet outil est fait pour toi.
Après ce bilan, j’ai décidé de comment je voulais orienter ma vie pour les années à venir. J’ai pris conscience qu’il me restait de belles années à vivre, et que j’avais la possibilité de réaliser de beaux projets. J’ai aussi su ce que je voulais conserver, ce que je voulais faire évoluer.
À partir de ce moment, il était évident pour moi que j’avais la main sur toutes les décisions qui me concernaient. Et même pour les aspects de ma vie qui pouvaient concerner des proches, j’étais en mesure de décider quelle serait mon implication personnelle.
Une fois que nous avons répondu à la question : “Qui est-ce que je n’ai pas encore osé être ou osé réaliser dans ma vie ?”, passons à l’étape suivante.
Partir de soi et se libérer du regard des autres
À cette étape de la construction de tout projet, il est fondamental de partir de soi et uniquement de soi. Descendre au plus profond dans une introspection pour savoir ce qui compte vraiment pour nous.
Il n’y a aucun égoïsme dans cette démarche. Penser à soi ne veut pas dire ne pas tenir compte des autres. Nous sommes les premières personnes à devoir servir nos besoins. Et nous nous devons de le faire pour soi-même sans compter sur les autres pour le faire. Et cela devrait même être un plaisir de s’aimer.
Notre vie est en grande partie dépendante des liens sociaux que nous avons tissés autour de nous. Nous sommes des êtres de liens. Et notre équilibre repose sur la connexion à autrui. Pour autant, nos projets de vie ne doivent pas être faits en tenant compte des attentes ou du regard des autres.
Nous le verrons plus loin, le mental déteste le changement. Et cela autant pour soi-même que pour les autres. Le changement touche à la sécurité affective des personnes et peut déstabiliser autour de soi. Il est important de faire la part des choses et de rester en conscience de ce qui se passe pour soi-même et d’accueillir les ressentis de notre entourage.
Les paroles de nos proches peuvent avoir un fort effet sur nos prises de décisions dans un sens positif, encourageant, comme dans un sens négatif. Il est important de ne pas laisser les autres nous influencer.
Les personnes autour de nous, n’ayant pas les mêmes aspirations, elles seront enclines à nous transmettre leur désapprobation. Si un projet émerge en nous, pourquoi ne pas en parler à des personnes plus distantes affectivement et plus proches du sujet ? Elles seront moins concernées par nos choix de vie, que nos proches.
S’autoriser
Une étape fondamentale dans le processus d’élaboration d’un projet est donc de s’autoriser et de se donner la permission.
Le jour où, en thérapie, mon psy m’a dit “Mais Florence, tu as le droit…”, j’ai été libérée d’une très lourde charge que je portais. La pression de mes proches était vraiment impressionnante à l’époque et j’avais renoncé à affirmer mes propres besoins et je laissais les autres décider pour moi.
Je m’empêchais de vivre la vie que je souhaitais. Je me mettais toute seule des limitations. J’avais intériorisé que je ne pouvais pas faire certains choix comme si ces “interdictions” étaient évidentes et réelles. C’est ce qu’on peut appeler de l’autosabotage.
Donc commencer par s’autoriser à créer une vie à notre image et se libérer du regard des autres.
Mais un changement de cap est un long processus et il faut l’accepter.
Oser passer à l’action : Expérimenter mais aussi laisser mûrir
Il peut donc y avoir une phase de tests, d’essais-erreurs, pendant laquelle nous passons en mode évaluation de nos valeurs. Ce processus permet à la fois de vérifier qu’un rêve resté à l’étape de fantasme nous correspond vraiment et aussi d’évaluer comment nous allons l’investir et le faire rentrer dans la réalité de notre vie.
Pour illustrer mon propos, prenons l’exemple de quelqu’un qui a toujours rêvé de faire un travail manuel, d’être artisan. Arrivée à la quarantaine, cette personne va se dire que c’est le moment de faire une reconversion pour enfin faire ce métier. Elle va donc se former en parallèle de son emploi. Puis, elle fera des stages dans des entreprises.
Au final, elle pourra décider si c’est vraiment un métier qu’elle va réaliser en seconde vie. Sinon cela pourra rester un hobby qu’elle aura développé. Et c’est tout aussi bien, car ses expériences lui auront permis d’apprendre à mieux se connaître. Mais surtout elle sera allée jusqu’au bout de la place qu’elle pouvait faire à ce rêve et n’aura pas de regret de ne pas être passée à l’action.
Ce que je viens de décrire est une phase de mise en action. Mais il peut y avoir une phase de maturation sans passage à l’acte. Pendant cette période, nous sommes en observation de ce qui se passe autour de nous, mais aussi à l’intérieur de nous. Nous voulons ici “ressentir” ce qui est juste pour soi.
Pendant cette phase, j’ai très peu parlé de mes projets, j’ai surtout lu et écrit. L’écriture m’a permis de poser mes envies, et de les laisser évoluer au fil du temps. La lecture m’a permis de nourrir mon esprit.
Sommes-nous obligés de tout remettre en question à la quarantaine ?
Bien sûr que non ! Comme je le disais plus haut, tout le monde ne remet pas tout en question au milieu de sa vie.
La crise de la quarantaine est à mes yeux une crise de maturité. Elle offre l’occasion de faire un travail sur soi un peu plus poussé. C’est le moment de faire un bilan de sa vie et de se laisser du temps pour intégrer ce qui n’a pas encore été réalisé et enfin d’accueillir les réussites passées et d’ajuster le tir sur les objectifs à venir.
Maintenant que nous nous sommes autorisés au changement, quels sont les facteurs qui peuvent nuire à la réussite ?
Identifier les facteurs qui peuvent nuire à la réussite :
La paralysie du choix
Nous pouvons rencontrer plusieurs phénomènes bloquants dont il est important de prendre conscience.
Le champ des possibles est ouvert, nous réalisons peut-être que nous voulons changer beaucoup de choses dans notre vie.
Dans un premier temps, ne pas se laisser déborder et paralyser par les choix qui s’offrent à nous. Car il peut arriver une sensation de vertige devant trop de possibilités. S’il est possible de faire évoluer sa vie, à n’importe quel moment, il est aussi important de prendre soin de soi et de son propre rythme intérieur. Nous pouvons encaisser des changements, mais attention à ne pas se faire peur.
Pour le mental, le changement est de l’inconfort
Nous en avons déjà un peu parlé plus haut, notre mental n’aime pas le changement.
Je tiens à rappeler que ce qu’on appelle le mental n’est pas à diaboliser car il fait partie intrinsèque de nous et est un allié puissant dans nos projets. Mais celui-ci est aussi là pour nous préserver et donc il va avoir tendance à ne pas vouloir nous faire sortir de notre zone de confort.
Les études en neurosciences et la psychologie révèlent que le mental fait des associations très simples :
- L’incertitude = danger en termes primordiaux (LeDoux, 1996).
- La familiarité = sécurité (même si c’est mauvais pour toi).
Les recherches montrent :
- que les personnes qui éprouvent un inconfort modéré (apprentissage, développement) font état d’une plus grande satisfaction de vie (Kashdan & Biswas-Diener, 2014).
- qu’un confort excessif conduit à l’ennui, à l’anxiété et à la dépression (Csikszentmihalyi, 1990).
Elles nous révèlent aussi que de rester dans sa zone de confort :
- Réduit la capacité d’adaptation du cerveau, on parle de diminution de la neuroplasticité.
- Accroît l’anxiété face au changement : plus on évite l’inconfort, plus il devient effrayant.
- Conduit à la stagnation et aux regrets, nous l’avons vu plus haut que sur le long terme les études montrent que l’inaction est plus regrettable que l’action.
Nous verrons dans la prochaine partie comment élargir sa zone de confort tout en se ménageant.
Gestion de la pression de l’entourage
Dans un premier temps, nous devons traverser une période d’introspection et garder nos intentions de changement pour nous et notre journal intime. Dans un second temps, une fois que nous avons de l’assurance dans la direction dans laquelle nous souhaitons aller, il est nécessaire d’informer nos proches. Cela ne signifie pas de tout dévoiler et d’effrayer les autres, mais d’ouvrir les discussions autour de notre projet.
Il est important de rester ferme avec ses propres décisions et d’accueillir les points de vue des autres. Rester ferme ne veut pas dire rigide, mais veut dire ne pas céder aux premiers avis contradictoires.
Il faut s’attendre à avoir tout un tas de réactions émotionnelles de la part de notre entourage, qu’elles soient directes ou plus passives. Ces réactions sont impactantes et nous devons faire la part des choses entre les peurs des autres et notre volonté de changement.
Prendre soin de son rythme
Cela m’est arrivé très récemment. Je suis allée un peu trop vite dans mes changements de vie. D’un côté, j’avais une certaine pression en termes de délai et en même temps, j’ai cru que j’étais prête à faire le saut.
J’ai vendu ma résidence principale, une maison en bois, en pleine nature, pour revenir temporairement vivre dans une maison de ville.
J’y ai passé quelques week-ends d’abord puis de plus en plus de jours d’affilée. Heureusement pour moi, j’ai pu faire cette transition progressivement, car ma première nuit a été dramatique, je me suis mise à regretter toutes mes décisions de changements. Mais l’orage s’est très vite dissipé et plusieurs semaines plus tard, je n’ai aucun regret.
Le deuil de l’ancienne identité
Ce que j’ai traversé est ce qu’on appelle le deuil de mon ancienne identité. Et ce deuil est particulier à traverser car il peut faire mal, en partie à cause du mental dont nous avons parlé plus haut.
En effet, je suis passée d’un environnement qui me plaisait particulièrement la pleine nature à un autre très urbain. Je savais bien que la vie dans ce deuxième environnement était limitée dans le temps. Mais il y a quand même une partie de moi qui a paniqué à l’idée de quitter mon nid douillet.
Plus nous avançons dans une vie qui nous est en partie inconnue, plus nous devons renoncer à la vie que nous n’avons pas choisie, celle que nous avons laissée derrière nous.
La solitude de la transition
Un changement de cap est une déclaration d’amour pour soi. Car c’est un grand moment de solitude.
Il est important d’avoir les ressources nécessaires en soi pour affronter ces changements, ces zones d’inconfort, ces traversées du désert.
C’est une expérience qui renforce notre mental en terme d’état d’esprit, notre capacité d’adaptation aussi.
Ce qui permet la réussite et renforce le mental
Décomposer en petits pas
Maintenant que nous avons identifié ce qui peut nuire à la réussite d’un changement de cap, voyons comment ménager son mental tout en élargissant sa zone de confort.
La première clé, c’est d’y aller par petits pas. Lance-toi chaque jour un petit défi, quelque chose d’inconfortable à hauteur de 5 % seulement. L’idée n’est pas de sauter dans le grand bain, mais d’habituer progressivement ton cerveau à tolérer l’inconfort, une dose à la fois.
Une deuxième astuce consiste à transformer la peur en excitation. Anxiété et excitation déclenchent la même réaction physiologique dans le corps, le cœur qui s’accélère, une décharge d’adrénaline. Ce qui change, c’est l’étiquette qu’on pose dessus. Une étude de la chercheuse Alison Wood Brooks, publiée en 2014, montre qu’il suffit de se dire à voix haute « je suis excité·e » plutôt que « je suis stressé·e » pour vivre la situation comme une opportunité plutôt qu’une menace, et améliorer sa performance.
Tu peux aussi planifier l’inconfort volontairement, en te construisant un « calendrier de croissance » où tu notes à l’avance les petits défis que tu veux relever dans la semaine.
Et surtout, célèbre tes petites victoires, pas seulement le résultat final, mais le courage que ça t’a demandé d’essayer.
Le système d’activation réticulaire et l’effet de focalisation
Il existe une structure bien réelle dans notre cerveau, le système d’activation réticulaire, qui joue un rôle de filtre : sur les millions d’informations que nos sens captent chaque seconde, il ne laisse remonter à notre conscience que ce qui correspond à ce qu’on juge important ou à ce sur quoi on est déjà focalisé.
C’est ce qui explique l’effet de focalisation : une fois qu’on décide de s’intéresser à un sujet, on se met à repérer partout des informations qui s’y rapportent, pas parce qu’elles sont soudainement plus nombreuses, mais parce que notre cerveau les filtre différemment. C’est un outil puissant, à condition de l’utiliser consciemment : décider où porter son attention, plutôt que de la laisser filer par défaut vers ce qu’on craint.
Se souvenir de son pourquoi et maintenir sa volonté dans la durée
Se souvenir de son pourquoi, c’est se reconnecter à la raison profonde qui nous pousse à agir, pas la raison de surface.
Pour moi, c’est un vieux désir de voyager. J’ai eu mes enfants relativement tôt, avec quelqu’un de peu aventurier, qui a quitté le foyer familial alors qu’ils étaient encore en bas âge. Seule, je n’ai pas eu la force de me battre et de voyager avec mes deux enfants. Alors tout naturellement, maintenant qu’ils s’apprêtent tous les deux à quitter le nid, mes envies de voyage et d’aventure refont surface. Ce n’est pas un hasard si je pars au Japon maintenant, c’est un désir ancien qui attendait son heure.
Se souvenir de ce genre de pourquoi profond, c’est ce qui permet de tenir quand la motivation de surface s’essouffle. Concrètement, pour maintenir sa volonté dans la durée : se fixer des intentions précises plutôt que des objectifs vagues (« si telle situation se présente, alors je ferai telle action »), se laisser des temps de repos sans culpabiliser, et en parler à des personnes de confiance qui peuvent te rappeler ce pourquoi quand toi-même tu l’as perdu de vue.
Se laisser la possibilité d’évoluer dans son projet
Il n’y a pas d’échecs, il n’y a que des expériences de vie.
Prenons mon propre exemple : je pars m’installer au Japon en octobre. Mais si ça ne marche pas, si je ne m’y plais pas, si je n’obtiens pas de visa, je n’aurai pas raté mon changement de cap. J’explorerai simplement d’autres situations, dans d’autres pays. Le but n’est pas d’atteindre un point d’arrivée figé, c’est de faire des expériences.
C’est d’ailleurs ce que montre la recherche sur la prise de décision en contexte incertain. Les entrepreneurs qui réussissent le mieux à naviguer l’incertitude ne sont pas ceux qui suivent un plan rigide établi à l’avance, mais ceux qui ajustent leur trajectoire au fur et à mesure des informations et des opportunités qui se présentent. C’est ce qu’on appelle en recherche la logique d’effectuation, développée par la chercheuse Saras Sarasvathy : plutôt que de tout prévoir puis d’exécuter, on avance, on observe ce qui se passe, et on corrige la trajectoire en continu.
Un changement de cap, ce n’est donc pas un projet qu’on referme une fois arrivé quelque part. C’est une posture qu’on garde en continu. Et ça nous ramène à notre point de départ : peu importe le déclencheur qui t’a amenée à te poser toutes ces questions, la quarantaine, une rupture, une lassitude professionnelle, le changement ne s’arrête jamais vraiment. Il continue, encore et encore, tant qu’on reste vivante et curieuse.
Sources
- Développement et validation d’une mesure de la crise de la quarantaine — Scientific Reports, Nature, nature.com
- Biographie d’Elliott Jaques — requisite.org
- La psychologie de la crise de la quarantaine (dont l’étude Seattle Midlife Women’s Health Study) — EBSCO
- Bronnie Ware, The Top Five Regrets of the Dying — (reprends le lien Amazon que tu as déjà corrigé dans le texte)
- Revisiting the Temporal Pattern of Regret in Action Versus Inaction (réplication de Gilovich & Medvec, 1994) — UC Press, Collabra: Psychology
- Le « locus of evaluation » de Carl Rogers — Counselling Tutor
- The Comfort Trap: Why Your Brain Sabotages Growth — Mindfulspark
- Alison Wood Brooks, Get Excited: Reappraising Pre-Performance Anxiety as Excitement (2014) — APA
- Le système d’activation réticulaire — ScienceDirect Topics
- La théorie de l’effectuation, Saras Sarasvathy — UVA Darden School of Business