Episode #12 Comment devenir souveraine de son argent ?
Dans cet épisode, Ophélie Jouvenon, fricologue et fondatrice de Fric au Féminin, explique pourquoi le vrai frein à la liberté financière des femmes n’est pas un manque d’éducation, mais des blocages transmis de génération en génération et comment s’en défaire, à tout âge.
La liberté financière au féminin : un sujet au cœur de la conquête de la souveraineté des femmes, longtemps privées de l’autonomie et du pouvoir de gérer elles-mêmes leurs propres ressources.
Dans cet épisode, tu vas apprendre :
- Pourquoi le tabou de l’argent se transmet de génération en génération, et comment le briser ?
- Comment distinguer ce qui vous limite vraiment : vous-même, ou la situation ?
- La méthode pour développer n’importe quelle compétence après 40 ans, même en partant de zéro;
- Ce que signifie réellement être « souveraine » de son argent;
- Comment transmettre une relation saine à l’argent à ses enfants ?
- Pourquoi les échecs sont en réalité les meilleurs professeurs ?
On a le droit de se planter, on a le droit d’essayer, c’est nous qui décidons ce qu’on a le droit de faire. » Ophélie Jouvenon
« Les phases douloureuses de la vie, ce sont des cadeaux emballés dans du papier de verre. » Ophélie Jouvenon
« Être une femme souveraine de son argent, c’est être capable de le neutraliser à l’intérieur de soi. » Ophélie Jouvenon
Points clés à retenir
- Tant que vous comparez votre vie actuelle aux standards transmis par vos parents, vous restez bloquée dans des schémas qui ne sont plus les vôtres.
- Le vrai frein n’est pas le manque d’éducation financière, mais les croyances et tabous familiaux hérités autour de l’argent.
- Devenir souveraine de son argent, c’est apprendre à neutraliser ses émotions face à lui — ni euphorie excessive, ni peur.
- Le changement après 40 ans est non seulement possible mais nécessaire, à condition d’accepter un travail progressif sur soi plutôt qu’un raccourci.
- Transmettre une relation saine à l’argent à ses enfants, c’est leur apprendre à penser, créer, gérer et multiplier — pas simplement leur donner de l’argent.
Bio invitée
Ophélie Jouvenon est économiste de formation, avec 25 ans d’expérience dans l’accompagnement au business et à l’investissement. Autour de la quarantaine, elle a créé Fric au Féminin, un média dédié à la liberté financière des femmes. Elle accompagne aujourd’hui des femmes sur leur chemin de libération personnelle, professionnelle et financière.
Pour retrouver Ophélie Jouvenon
sur son blog : Fric au Féminin
sur sa chaine Youtube Fric au féminin – YouTube
Transcription
00:00 – 02:24 : Présentation d’Ophélie, son parcours d’économiste à fricologue
Florence : Bonjour, la liberté au féminin. Voilà un sujet au cœur de la conquête de la souveraineté des femmes, longtemps privées de l’autonomie et du pouvoir de gérer elles-mêmes leurs propres ressources. Mon invitée du jour accompagne les femmes qui souhaitent transformer leur vie, être libres et faire de l’argent une énergie positive au service de leur projet de vie. J’ai le plaisir d’accueillir Ophélie Jouvenon du blog Fric au Féminin. Bonjour Ophélie.
Ophélie : Bonjour Florence, bonjour à toutes.
Florence : Alors Ophélie, en quelques mots, qui es-tu ?
Ophélie : Moi, j’aime bien dire que je suis une voyageuse de la vie. Je n’aime pas que les gens se définissent par leurs activités professionnelles parce que quelqu’un comme moi a beaucoup rebondi, a changé de vie dans sa vie. J’ai déjà déménagé 24 fois, changé de job, de manière de fonctionner, plein de fois. Je suis économiste de formation. Pendant 25 ans, j’ai dirigé des structures d’appui au business, à l’investissement. J’étais une des rares femmes à parler d’argent dans des milieux d’hommes en costard cravate, avant de switcher autour de la quarantaine pour créer un média dédié à la liberté financière des femmes. Parce que je n’ai pu que constater que ce qui nous autolimite le plus, les femmes, ce sont nos plafonds de verre sur bien des sujets et notamment la relation à l’argent.
Florence : Quel enfant étais-tu ?
Ophélie : J’étais une petite fille qui ne tenait pas en place, qui aimait chanter, danser, se déguiser. J’étais très bonne à l’école, mais justement, ça m’a obligée à tenir dans une case qui ne m’allait pas — ça s’est répercuté pendant longtemps dans ma vie professionnelle.
02:24 – 08:35 : L’origine des blocages : l’éducation, le tabou familial de l’argent
Florence : Qu’est-ce que t’a transmis ton éducation comme vision de l’argent ?
Ophélie : Je me suis penchée sur cette relation à l’argent parce que moi-même j’étais très coincée là-dessus, comme beaucoup. Les femmes, avant 1965, avaient le droit d’en gagner mais pas d’en disposer librement, de le gérer. Ce n’est pas qu’une question d’éducation financière — ce sont les blocages qu’on nous a transmis, la culture de la sursécurité, le fait de se sentir autorisé à traiter de ces sujets. Dans ma famille, on ne parlait pas d’argent, ou on en parlait dans des termes très limitatifs : faillite d’entreprise non dite, peur de manquer chez des gens qui avaient vécu la guerre. Le plus beau service que je me suis rendu, c’était de devenir un mouton noir dans ma famille sur ce sujet, pour couper avec des vieilles fidélités familiales qui m’auraient auto-limitée, et qui auraient auto-limité ma fille.
Florence : Qu’est-ce qui a débloqué tout ça ?
Ophélie : Il faut commencer par le terreau intérieur. Moi-même, j’étais très bonne sur les mécanismes économiques, mais me suis-je autorisée à faire ce qu’il fallait ? Non, il m’a fallu un moment parce qu’à l’intérieur, ça bloquait : est-ce que je pensais réellement être digne de le recevoir et le mériter ? Pas vraiment.
08:35 – 21:30 : Le déclic des 40 ans, l’épuisement, se faire passer en premier
Florence : Qu’est-ce qui t’a déclenché le plus cette prise de conscience ?
Ophélie : Comme beaucoup de femmes, c’est l’épuisement. Les femmes que j’accompagne sont plutôt des femmes brillantes, qui ont très bien réussi comme salariée, bonne élève, super maman, compagne idéale — et puis à un moment elles finissent sur les genoux, à beaucoup donner aux autres. On est à 85 % de l’inconscient, donc souvent on essaye d’agir sur nos 15 % en s’épuisant. Je vous souhaite, mesdames, de devenir des feignantes intelligentes — sinon on finit à genoux. Moi-même, à la quarantaine, j’ai fini malade et à genoux.
Florence : Après 40 ans, est-ce que ce n’est pas trop dur de remettre en question tout un tas de choses ?
Ophélie : On y arrive, oui, mais dans la durée. Je vois plein de gens sur Internet qui promettent monts et merveilles en trois jours depuis le bord de la piscine — ça, c’est de l’arnaque. Les raccourcis ne fonctionnent pas. Le vrai piège, c’est le confort : vouloir changer de vie sans se changer soi-même, sans rien changer dans son environnement. C’est par soi, son environnement et ses actions qu’on obtient le changement. Et le fameux vide du nid qui se vide, ce n’est pas du vide, c’est du plein — du plein de place pour la suite, du plein d’opportunités.
21:30 – 28:37 : Apprendre une nouvelle compétence à tout âge, la théorie des 10 000 heures
Ophélie : Les compétences les plus recherchées aujourd’hui, ce sont les soft skills — comportementales et personnelles. Moi-même, aujourd’hui je suis youtubeuse, podcasteuse, conférencière, alors que j’étais tétanisée à l’idée de m’exprimer en public il n’y a pas si longtemps. Un pas par jour, en 365 jours, on devient spécialiste d’une question — c’est la théorie des 10 000 heures. Il m’a fallu à peu près 100 vidéos pour devenir bonne en interviews. Ma première vidéo était dégueulasse, et j’ai accepté, je l’ai fait, et j’ai avancé.
Ophélie : On a le droit de se planter, on a le droit d’essayer — c’est nous qui décidons ce qu’on a le droit de faire. Les phases douloureuses de la vie, ce sont des cadeaux emballés dans du papier de verre : c’est rugueux, désagréable, mais après on se dit « merci la vie, ça m’a montré que ce n’était pas la bonne voie ».
28:37 – 35:01 : Être souveraine de son argent, le point de douleur des femmes qu’elle accompagne
Florence : Pour toi, qu’est-ce qu’être une femme souveraine de son argent aujourd’hui ?
Ophélie : Être une femme souveraine de son argent, c’est être capable de le neutraliser à l’intérieur de soi — ni super positif quand on gagne, ni super négatif quand on perd. L’argent, c’est comme des carottes et des poireaux dans la soupe : la question, c’est qu’est-ce que tu as envie de manger, c’est-à-dire quelle vision tu as de ta vie.
Florence : Quel est le point de douleur qui amène les femmes chez toi à te consulter ?
Ophélie : Souvent, un business qui ne décolle pas, ou l’investissement jamais abordé. L’entrepreneuriat, c’est vraiment un miroir déformant : si ça ne fonctionne pas dans votre activité, il y a un truc qui coince à l’intérieur de vous. Je ne fais que de l’accompagnement sur mesure, parce que toucher à ces sujets, c’est toucher à l’intimité — il n’y en a pas une qui fonctionne de la même manière.
35:01 – 42:17 : Les blocages fréquents, éthique et argent, sa mission pour les femmes de 45 ans et plus
Ophélie : Les blocages, c’est déjà le fameux syndrome de l’imposteur, penser que ce n’est pas pour nous parce que ce sont des représentations très masculines qui nous ont été transmises. C’est aussi le trip de la perfection : il faudrait tout savoir avant de se lancer. Non — il faut avoir compris les 10 % qui permettent de se lancer, et améliorer le système en avançant.
Ophélie : On oppose souvent argent, écologie et éthique. Or il est possible de vendre de manière éthique, de faire du marketing éthique. L’argent est une ressource nécessaire pour que des projets éthiques et durables perdurent dans le temps. Vouloir faire le bien les poches vides, c’est sympa, mais c’est plus facile de le faire avec les poches pleines. Ma mission est hyper importante pour les femmes de plus de 45 ans parce que c’est le sujet qui bloque véritablement : elles sont hyper compétentes, mais ce moyen-là, elles l’ont fui.
42:17 – 47:04 : Transmettre à sa fille, la vision pour les prochaines générations
Florence : Comment tu transmets une relation saine à l’argent à ta fille ?
Ophélie : Déjà, c’est en parler, sans que ce soit un drame. Dans la vie, tout est possible, la question c’est le temps qu’il nous faut pour y arriver. Quelle relation à l’argent j’ai prévu de transmettre à ma fille ? Une fois qu’elle sait penser, ressentir, créer, gérer, multiplier, elle n’a pas besoin que je lui donne quoi que ce soit — elle sait faire, et c’est ça la bonne transmission.
Ophélie : Cette nouvelle génération va avoir plusieurs sources de revenus, être agile, apprendre toute sa vie. Une des choses les plus intéressantes, c’est d’investir dans l’apprentissage et les expériences plutôt que de stocker des objets. Les possessions, c’est un piège — j’ai eu beaucoup plus de choses qu’aujourd’hui, et ça m’a pourri la vie.
47:04 – fin (50:48) : Ses projets en cours, sa vision financière pour l’avenir, conclusion et coordonnées
Florence : As-tu des projets en cours, pro ou perso ? Et quelle est ta vision financière pour les prochaines années ?
Ophélie : Mieux vaut vivre une vie de projets qu’une vie de regrets. Je fonctionne par cycles de trois mois. Côté vision : les vieux modèles — CDI, propriétaire, résidence principale, retraite garantie — ne fonctionneront plus de la même façon. Demain, on sera tous un peu entrepreneur et un peu salarié, avec plusieurs sources de revenus. L’éducation financière devient un sujet important, y compris pour les adultes.
Florence : Si tu voulais conclure et qu’on retienne quelque chose de toi et de ta mission Fric au Féminin ?
Ophélie : Osez vous réinventer, mesdames. On évolue tout au long de sa vie, et c’est OK d’évoluer. Une vie riche, ce n’est pas vivre à Dubaï ou avoir des choses clinquantes — c’est vivre les expériences qu’on a envie de vivre, passer du temps avec les gens qu’on aime. Écrivons aussi, nous les femmes, notre propre définition de la réussite.
Florence : Merci beaucoup Ophélie, c’était passionnant. Où est-ce qu’on peut te retrouver ?
Ophélie : Vous me retrouvez partout sur Internet, sur Fric au Féminin — fric comme l’argent — sur une chaîne YouTube, via des articles de blog, et aussi régulièrement en conférences.