Episode #2 Qui suis-je vraiment ? Définir son identité après 45 ans

1. Comment se définir ?

Introduction

Aujourd’hui le thème de l’épisode est l’identité.

Car je trouve que rien n’est plus difficile que de se définir.

Je sais, depuis que je l’ai constaté, que je ne rentre pas dans une seule case. Je ne peux pas me définir par une seule fonction – ce serait trop simpliste ou trop court. C’est très fort pour moi, mais je suis sûre que cela s’applique à beaucoup de personnes et que tu te reconnaîtras peut-être là-dedans.

Il y a quelques années lors d’un mariage civil, une femme qui était le témoin a été présentée par le maire de la façon suivante : “Femme de monsieur untel, sans profession”.

J’ai été tellement choquée ! Pourquoi la représenter par l’absence, par ce qu’elle n’est pas et non par ce qu’elle est ? J’ai réalisé ce jour-là l’ampleur du travail à réaliser pour se définir, et la distance entre l’étiquette ou les étiquettes que te donne la société et notre vraie nature intime.

Faire des choix alignés

J’en reviens à la question de départ qui me préoccupe vraiment. Comment savoir dans quelle direction orienter sa vie, faire des choix alignés, et mettre en œuvre la meilleure version de soi ? Pour y répondre, j’ai commencé à me définir, moi, aujourd’hui.

J’ai pas mal cherché du côté de la multi-activité, du multipotentiel. Ok, mais qu’est-ce qui rassemble tous ces potentiels. Quel est le fil rouge ? Ou encore le terme de slasheurs / slasheuse, que je trouve pire que les précédents, car il sépare, avec un slash justement, chaque activité.

S’ils m’ont aidée à me questionner, ces termes ne m’ont pas aidée à me définir profondément.

Je vais prendre une image et aborder les différentes strates entre ce que je fais, ce que je suis, et finalement ce que je mets en œuvre.

2. La fleur de l’identité 

Partons d’une image, celle de la fleur.

Tu n’es pas sans savoir que je m’appelle Florence et que je peins des fleurs. La Fleur semble être manifestement une thématique importante dans ma vie. 

Imagine, tu es une fleur avec plus ou moins de pétales.

Chaque pétale représente tes actions, le “ce que je fais”.

En français, notamment – je ne vais parler que de ce que je connais – on utilise l’expression “je suis” pour parler de ce que “je fais”. On voit ici comment la langue introduit déjà à son niveau une première barrière mentale.

“Je suis architecte”, “je suis maman” ou “je suis mère au foyer”, “je suis la femme de untel”, “je suis petite”. Ça marche mieux pour le sport “je fais du tir à l’arc”, “je fais de la randonnée” . Ou pour définir notre environnement “J’habite en ville”, “je vis dans une maison en bois”.

Mais en réalité il vaudrait mieux dire “j’ai fait de l’architecture mon métier” ou bien “ma source de revenus et d’épanouissement créatif et relationnel…”. Ou encore “j’ai décidé d’être auprès de mes enfants le temps qu’ils se construisent et jusqu’à ce qu’ils s’émancipent…”. C’est un peu plus long évidement et quand on se présente en quelques minutes à quelqu’un ce ne sont pas des formules qui sont attendues.

Au final, un raccourci est créé et ces pétales-actions finissent par nous définir. On s’identifie à eux, ils nous qualifient toute notre vie, ou parfois ils évoluent, ou sont remplacés par d’autres…

Ensuite on peut parler du cœur de la fleur, le “qui je suis.”

Ce cœur représente, notre essence, notre vibration unique, notre énergie qui s’est incarnée dans notre corps.

Mais la définition ou l’expression de celle-ci est entravée par une multitude de choses.

  • Par nos “pétales”, qui vont nous définir, alors qu’ils ne sont que des actions, des expérimentations de notre essence dans la matière.
  • Ensuite par tous nos “sentiments” c’est-à-dire de tous les besoins insatisfaits qui nous font agir sous le spectre de notre passé. Notre névrose pour faire simple.
  • Et aussi par tous les conditionnements que nous avons subis. Qui sont liés autant à nos actions, qu’aux attentes de la société et de la famille. 

La troisième partie de la fleur est le pollen, qui est au final ton rayonnement naturel.

Ce qui émerge de toi quand tu es alignée avec ta vérité. Ce que tu offres au monde quand tu es le plus en phase avec toi-même. 

Philippe Guillemant dit dans une interview que : “quand tu te déconditionnes, tu arrives à percevoir quelle est la meilleure voix pour toi.” 

Donc en résumé ma théorie de la fleur ça donne : tes pétales c’est ce que tu fais, ton cœur c’est ce que tu es vraiment — ton essence unique. Et ton pollen, c’est ce que tu rayonnes naturellement quand tu es enfin libérée de tout ce qui t’entrave. 

La recherche puis la déconstruction de toutes ces entraves permettent aux personnes que j’accompagne de rayonner enfin. 

3. Choix et lignes de vies

Donc en réalité, quand je dis “je ne peux pas rentrer dans une seule case”, je dis, selon cette image de la fleur, “je ne veux pas me définir selon mes actions et mes conditionnements.”

Se déconstruire

Mais alors comment déconstruire ce qui n’est pas aligné avec soi aujourd’hui sans tout détruire ? Comment savoir ce qui est réellement du “soi” de ce qui ne l’est pas ? 

Évidemment tout le monde ne ressent pas la nécessité de faire des remises en question, certaines personnes ayant fait des choix plutôt bien alignés. 

Mais pour ceux/celles qui se sentent appelé(e)s à faire d’autres choses qui sortent du cadre de ce qu’elles vivent actuellement, les remises en question risquent d’être importantes.

Changer de ligne de vie

Car, oui, les choix que nous avons faits au cours de notre vie ont déterminé la “ligne de vie” sur laquelle nous sommes aujourd’hui.

En effet, il existerait en parallèle toutes nos vies possibles. Et lorsque nous actons dans la matière, nous choisissons une de ces lignes. Pour encore reprendre une image du physicien, Philippe Guillemant : nous avançons dans notre vie comme on suit un GPS, à chaque embranchement nous faisons le choix d’avancer dans une direction et non une autre.

Et nous avons la possibilité de passer d’une ligne à une autre. Mais ce chemin demande de l’engagement. Car la remise en question de nos choix et la direction que nous avons donnée à notre vie jusqu’à présent sont d’autant plus difficiles à faire à partir de la quarantaine. La vie est déjà bien installée pour la plupart d’entre nous. Nous avons un logement, peut-être avec un emprunt, des enfants avec des études, un/une compagnon, une carrière engagée avec un travail, une entreprise… Que sais-je ?

C’est là, que si nous voulons nous réaligner, et réaliser la meilleure version de nous-même, nous devons interroger profondément chacun des choix que nous avons faits et les conditionnements que nous n’avons pas remis en question. 

Conclusion

Nous arrivons à la fin de cet épisode. Dans le prochain épisode, on verra comment oser choisir une nouvelle ligne de vie. En attendant, je t’invite à te poser cette question : si tu retirais toutes tes étiquettes, tous tes rôles, tous tes conditionnements — qu’est-ce qui resterait ? Qui es-tu vraiment ? Comment tu pourrais te définir ? 

Comme on ferait avec une pâquerette au printemps en reprenant les pétales un par un “je t’aime, un peu…” etc etc…

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